Grande sculpture en plomb froissé de Paul Ackerman, vers 1960

Grande sculpture en plomb froissé de Paul Ackerman, vers 1960

Grande sculpture en plomb froissé de Paul Ackerman, pièce unique, vers 1960.
Sur un socle en bois choisi par l'artiste.

Hauteur : 83 cm
Largeur : 40 cm
Profondeur : 27 cm.

Paul Ackerman est né le 17 septembre 1908 à Lasi en Roumanie et mort à Paris le13 mars 1981. C'est un artiste peintre, lithographe, sculpteur et décorateur de théâtre roumain, vivant en France depuis 1912, il appartient à l'Ecole de Paris. 

Paul Ackerman a quatre ans lorsque, en 1912, son père, administrateur de société et grand amateur d'art, décide, par contrainte face à « l'antisémitisme qui est une dure réalité en Roumanie », de venir s'installer à Paris, dans une grande villa face au bois de Vincennes. Il fait ses études secondaires au Lycée Charlemagne (où il se lie d'une amitié avec Gabriel Arout, futur auteur de théâtre pour qui, plus tard, il réalisera les décors), puis à l'Ecole Alsacienne. À partir de 1925, Ackerman étudie le droit et les lettres à la Sorbonne, mais, fréquentant assidûment le Musée du Louvre, il sait que sa vocation est ailleurs.

En 1933, Paul Ackerman fait la connaissance de Simone Laverrière, originaire de Royan, qu'il épouse en 1935. En 1936, dans son atelier du 100, rue du Faubourg Saint-Honoré, il dessine des projets d'affiches, de tissus et de bijoux pour Elsa Schiaparelli et Marcel Rochas tout en fréquentant l'atelier de Fernand Leger. 

En 1939 Paul Ackerman est mobilisé, fait prisonnier puis libéré, il retrouve son épouse Simone à Vichy où il est expulsé comme juif et part à Saint-Tropez. Il mène alors dans le sud de la France un vie cloîtrée, faite de petits moyens (peinture sur papier journal), et se lie d'amitié avec Pierre Bonnard. De 1942 à 1945, il poursuit cette vie cloîtrée à Chindrieux en Savoie peignant des paysages, des nus, des natures mortes et des autoportraits.

Après la Liberation, en 1945, Paul Ackerman retrouve son atelier parisien, effectuant toutefois des retours à Saint-Tropez, retrouvant Pierre Bonnard et fréquentant Picasso. A Paris, il rencontre Serge Poliakoff, Jean Dubuffet, Jean-Michel Atlan et surtout Alexandre Garbell dont il devient l'ami. Suivent rapidement la première exposition chez Raymond Creuze en 1947, le Prix Pacquement en 1950.

L’œuvre de Paul Ackerman se caractérise par sa polyvalence, ses variations, ses mutations, ses étapes, ses périodes, ses cycles, ses virages, ses métamorphoses, et même ses contradictions. N'ayant jamais été prisonnier d'un style, il est à la fois l'un des peintres les plus secrets de son temps et l'un de ceux qui en portent témoignage. Si dans les années 1950 l'aspect formel de son œuvre le range dans la peinture abstraite, un regard plus appuyé ne tarde pas à identifier la réalité concrète inspiratrice.

Après un virage à 180°, Ackerman revient résolument à la figuration dans ses grands cycles Rembrandt, Vivaldi, Dickens. On devine dès l'abord en filigrane de son œuvre la lecture de certains auteurs ésotériques (René Guénon notamment), ce que confirment ses notes manuscrites de réflexions personnelles mais ce que contredit l'affirmation de l'artiste: « Je n'étais guidé par rien, je ne sais d'où ces images ont surgi, ni pourquoi je les ai faites ».

Le penchant de Paul Ackerman à l'ésotérisme s'est confirmée en 1965 avec l'Agartha, définie par René Guénon comme « un monde souterrain étendant ses ramifications partout sous les continents ». Ackerman se sent poussé à rendre visible ce monde invisible. Son œuvre, et c'est ce qui fait son unité dans sa pluralité, relève donc d'une métaphysique où tout revêt un sens symbolique.

« Ou le temps sera clément avec mon travail, écrit Paul Ackerman dans ses notes, et lui donnera cette valeur indispensable qui sensibilise une œuvre pour les générations à venir, et dans ce cas j'aurai été un vivant, ou le temps effacera ce que j'ai fait et dans ce cas je n'aurai jamais été qu'un peu de poussière ».

Décédé en 1981, il repose au cimetière de Bagneux.